La Saint Chronique

s’aimer soi-même

ça commence comme ça…
la tête baissée,
pas très assurée sur ses pieds
les mains qui se touchent
pour être en contact avec son propre corps
pour ne pas être perdu(e)
en face de gens, de personnes
et on se dit : ‘qui suis-je en face d’eux ?’
et on se ratatine…


Vous connaissez cette chanson, non ?

Prendre un enfant par la main
Pour l’emmener vers demain
Pour lui donner la confiance en son pas
Prendre un enfant pour un roi

Prendre un enfant dans ses bras
Et pour la première fois
Sécher ses larmes en étouffant de joie
Prendre un enfant dans ses bras

Prendre un enfant par le coeur
Pour soulager ses malheurs
Tout doucement sans parler sans pudeur

Prendre un enfant sur son coeur

Prendre un enfant dans ses bras
Et pour la première fois
Verser des larmes en étouffant sa joie
Prendre un enfant contre soi

dou, dou, dou, dou

Prendre un enfant par la main
Et lui chanter des refrains
Pour qu’il s’endorme à la tombée du jour
Prendre un enfant par l’amour

Prendre un enfant comme il vient
Et consoler ses chagrins
Vivre sa vie des années puis soudain
Prendre un enfant par la main

En regardant tout au bout du chemin
Prendre un enfant pour le sien

Je disais hier ici même que j’ai découvert ce qu’est l’amour de soi…
Petite remarque préliminaire : ma découverte ne concerne que moi, de prime abord, et elle est faite d’une matière particulière et adaptée à la future ex-dépendante affective que je suis. Je m’exprime ici sur ce sujet pour moi-même, parce que je dois écrire et témoigner, et parce que cela peut également t’ouvrir des portes de conscience, à toi, mon Cher Unique Lecteur.

Pour rappel et pour donner une image de la source de cette dépendance affective, je t’invite à relire mon billet de mai 2006, le feu de camp. L’image est forte, n’est-ce pas ? Je me débats avec elle depuis très longtemps. Je me débats aussi avec des sensations, des émotions sans mots mais emplis de maux qui me viennent de là : petite fille.

Je ne peux ici exprimer tous les méandres que j’ai parcourus pour atteindre ma découverte actuelle. C’est un long chemin et, forte de la devise de Bouddha – Il n’y a point de Chemin vers le Bonheur, le Chemin EST le Bonheur – je suis aujourd’hui heureuse de l’avoir parcouru parce qu’il m’amène à vouloir, à désirer le délivrer, avec mes mots, à qui veut bien en prendre connaissance. Si mon méandre particulier te parle plus qu’un autre, à toi, Cher Unique Lecteur, j’aurai atteint mon but…

Donc…

Quelle est la dernière phrase de la chanson d’Yves Duteil que je cite en début de billet ? Prendre un enfant pour le sien… Cette chanson date de la fin des années 70. J’avais 13 ou 14 ans, peut-être un peu plus… Ce qu’elle a imprimé en mon cœur et en mon plexus, c’est qu’elle disait ce que j’attendais de mes proches. J’aurais voulu être cet enfant que l’on prend par la main pour l’emmener vers demain. En réalité, je me sentais terriblement seule. Abandonnée à moi-même. Mon feu intérieur était là, mais je ne le reconnaissais pas. Et je n’ai eu de cesse, en bonne dépendante affective, d’aller à la recherche de l’Autre qui, de son regard, de sa caresse, de ses bras, de sa bienveillance, allait me donner sa main, entièrement, pour m’emmener vers moi-même… par amour.

Illusion…
Je me trompais lourdement.

Maintenant, Cher Unique Lecteur, je t’invite à relire les paroles de cette chanson en te visualisant à la place de cet enfant… L’enfant que tu as été, l’enfant qui peuple tes souvenirs, bons et mauvais, l’enfant qui attend encore que quelqu’un, de tout son amour, vienne le prendre dans ses bras, le consoler, sécher ses larmes, prendre sa défense. Prendre un enfant pour le sien…

Cet enfant, c’est mon/ton Enfant Intérieur, avec ses souffrances, ses blessures et ses cicatrices qui suintent encore…

JE [la partie Parent Aimant en moi, en collaboration avec la partie Adulte Libre en moi, celles qui ont réussi à grandir et à faire des expériences, qui ont appris beaucoup de la Vie], ce JE peut intérieurement, en images intérieures, prendre par la main mon Enfant Intérieur. L’aimer, le cajoler, le soutenir, l’encourager, lui dire qu’il est à sa place, qu’il est beau, qu’il fait des choses géniales, qu’il a en lui les ressources nécessaires pour avancer…

Avoir réussi à contacter ainsi mon Enfant Intérieur est un soulagement pour moi. Je peux lui parler, je peux le rassurer, je peux le prendre dans mes bras, je peux le consoler, je peux le gronder (et là, je le fais toujours avec beaucoup de respect et de bienveillance), je peux rire avec lui. C’est une révolution ! Et c’est ce que désormais je ressens être l’amour de soi.

Ce qui est encore plus étonnant, c’est que c’est mon Enfant Intérieur qui, à son tour, m’autorise certains débordements joyeux. Ce n’est pas encore facile à chaque instant, mais je sens que quelque chose se construit en moi, quelque chose de solide qui ne laissera plus l’Autre me dire ce que je dois faire. Maintenant je sais qui je suis.

Si cela peut te faire du bien, je te souhaite de contacter ton Enfant Intérieur et de lui parler, comme je le fais désormais chaque jour.

Mains Tenant, 15 septembre 2011

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