La Saint Chronique

la régression

 

Bonsoir !

Je remets en ligne un éditorial intitulé ‘la régression mondiale’ et signé d’Ignacio Ramonet (format PDF, 2 pages).

Ce texte, paru dans la revue Manière de Voir édité par le Monde Diplomatique, date de début 2004. C’était il y a 10 ans donc… Et c’est criant de vérité !!! Un résumé percutant de la montée d’un ‘capitalisme sauvage’ que d’autres appellent néolibéralisme, mondialisation ou ‘consensus de Washington’ :

Ainsi s’élabore, tout au long des années 1980, entre les principales firmes multinationales, les banques de Wall Street, la Réserve fédérale des Etats-Unis et les organismes financiers internationaux, ce qu’on nommera le « Consensus de Washington ». Une doctrine faite de discipline budgétaire, réforme fiscale, réduction des dépenses publiques, libéralisation des échanges commerciaux et des marchés financiers, ainsi que de privatisations. Proposée comme solution universelle à tous les problèmes économiques, on l’appellera aussi : la « pensée unique ».

Je continue ?

Qu’est-ce que cette mondialisation libérale ? Elle concerne surtout le secteur financier, parce que la liberté de circulation des capitaux et des flux financiers est devenue totale, et fait que ce secteur domine, de loin, la sphère de l’économie.

Cette globalisation touche les moindres recoins de la planète, ignorant aussi bien le statut des individus et des entreprises que l’indépendance des peuples ou la diversité des régimes politiques. Elle ne vise pas tant à conquérir des pays qu’à conquérir des marchés. Sa préoccupation n’est pas le contrôle physique des corps ni la conquête de territoires, mais la prise de possession des richesses.

La conséquence de la mondialisation, c’est la destruction du collectif, l’appropriation par le marché et le privé des sphères publique et sociale. Elle agit comme une mécanique de tri permanent sous l’effet d’une concurrence généralisée : le marché contre l’Etat, le privé contre le secteur public, l’individu contre la collectivité, l’égoïsme contre la solidarité. Il y a concurrence entre le capital et le travail. Et comme les capitaux circulent librement, alors que les hommes sont beaucoup moins mobiles, c’est le capital qui gagne.

(… … …)

Ce nouveau capitalisme constitue une immense rupture économique, politique et culturelle. Il soumet les entreprises et les citoyens à un diktat unique : « s’adapter ». Abdiquer toute volonté, pour mieux obéir aux injonctions anonymes des marchés financiers. (…) Sont ainsi frappés d’opprobre ou définis comme « archaïques » tous sursauts protectionnistees, toutes recherches d’alternatives, toutes tentatives de régulation démocratique, toutes critiques des marchés financiers.

Le nouveau capitalisme érige la compétition en la seule force motrice (…). Les Etats n’ont plus la volonté ni les moyens de s’opposer aux marchés. Les gouvernants acceptent, en général, de respecter les consignes de politique économique que définissent des organismes mondiaux rassemblés au sein de ce qu’on pourrait appeler le « poker du Mal » : FMI, Banque Mondiale, G8 et OMC, qui exercent une véritable dictature sur la politique économique des Etats. (…)

Ce nouveau capitalisme s’accompagne de destructions impressionnantes. Des industries entières sont sinistrées. Avec les souffrances sociales qui en résultent (…). Il signifie aussi saccage écologique. Les grandes firmes pillent l’environnement; elles tirent profit des richesses de la nature, qui sont le bien commun de l’humanité; et le font sans scrupule et sans frein.

Ignacio Ramonet, ‘Une régression mondiale’, Manière de voir n° 72, Le Monde diplomatique, déc. 2003-janv. 2004

> le texte intégral ‘une régression mondiale’ (format PDF, 2 pages)
> sur Milton Friedman et le néolibéralisme, voir aussi Naomi Klein, La Stratégie du choc

 

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