La Saint Chronique

la méditation du jour de Jean Mi

 

je me permets aujourd’hui de citer un ami FB (enlevez le FB, ce sera plus juste !) qui chaque jour nous donne du ‘grain à moudre’ à l’intérieur …

Méditation du Jour :

« Ayant consacré ma vie à l’étude rationnelle de la matière, je conclus que la matière n’existe qu’en vertu d’une force qui fait vibrer les particules et maintient ce minuscule système solaire qu’est l’atome. Je subodore sous cette force l’existence d’un Esprit intelligent et conscient ».
[Max Planck – Fondateur de la physique quantique, phrase exprimée à l’âge de 85 ans]

(…)

J’apprécie ces commentaires de Hubert Reeves sur un échange entre Einstein et Borh, qui complète la méditation du jour :

Ce qui choquait le plus Einstein ; c’était la question de la réalité elle-même. Ce pauvre Einstein a perdu 25 ans de sa vie… remarquez qu’après 1920, il ne fait plus rien – alors qu’il domine la scène jusque dans les années 1920, après il ne fait plus rien. Il ne fait plus rien parce qu’il ne peut pas, on dirait, il y a comme un blocage mental, affectif à cette idée de la physique quantique. Et c’est ce qui faisait… que, dans une autre conversation célèbre, parce que tout le début du XXe siècle est marqué par ces conversations amicales entre Einstein et Bohr.

Dans une autre conversation célèbre, Einstein un jour, impatienté, dit à Niels Bohr :

– Mais, dites-moi, vous n’allez pas me dire que la Lune n’existe pas quand je ne la regarde pas ?
Et Niels Bohr… on ne rapporte pas la réponse de Niels Bohr… je pense qu’il aurait répondu à cette question :
– Comment voulez-vous que je le sache ? Quel est le sens de votre question ? Qu’est-ce que ça veut dire exister ? Comment est-ce que je peux répondre à votre question puisque je ne la regarde pas ?

Et là se pose la question du mot existence…

Tous ces mots sont remis en question. Et là, ce que dit fondamentalement, ce que nous apprend la physique quantique fondamentalement, c’est que la réalité est quelque chose de bien plus mystérieuse que ce que nous avons toujours pensé, et que ce qu’on a appelé pendant tout le XIXe siècle le postulat de l’objectivité absolue – voilà les mots qu’on employait – ça veut dire quoi ?

– Ca veut dire que la réalité elle est là, et que vous la regardiez ou que vous la regardiez pas, elle se comporte exactement de la même façon. Vous êtes une espèce de spectateur, d’observateur impartial, qui va voir ce qui se passe dans la réalité, mais la réalité, elle est là indépendamment de votre observation. Ce que dit la physique quantique, c’est que ça, en tout cas, c’est partiellement faux.

Alors, comment peut-on le remplacer ?

Eh bien, j’aime bien l’image du cinéma et du théâtre. Vous savez que si vous êtes au cinéma, par exemple, le film se passe sur l’écran de la même façon qu’il y ait des spectateurs dans la salle ou non. Si c’est drôle, si les acteurs sont drôles, ça ne change absolument rien qu’il y ait des spectateurs ou non. Mais au théâtre, c’est pas du tout la même chose. Devant une salle vide – notre ami Jean-Claude Carrière, ici présent, doit connaître très bien cette expérience – devant une salle vide, les acteurs ne jouent pas du tout de la même façon que devant une salle sympathique délirante, ou une salle qui est antipathique. De sorte que demander qu’est-ce qu’est… comment est la pièce de théâtre quand il y a personne dans la salle pour la regarder, ça n’a pas de sens. Vous pouvez pas demander cette question : la pièce de théâtre est influencée… C’est une comparaison, elle vaut ce qu’elle vaut, mais je pense qu’elle représente un peu la réalité, c’est-à-dire ce que l’homme de théâtre connaît, c’est comment la pièce se passe quand les gens réagissent.

Ce que le physicien connaît, c’est comment la réalité se comporte quand il l’interroge. Et l’interroger, ça n’est pas quelque chose d’abstrait, ça veut dire : la réalité est faite d’atomes ; pour l’interroger, vous faites intervenir des atomes qui la changent, qui la modifient d’une façon imprévisible. Donc, voilà les deux aspects fondamentaux, les deux apports fondamentaux à la pensée profonde de l’humanité. C’est, d’une part, le fait d’avoir à quitter la causalité absolue, et être dans un cas de causalité statistique, c’est-à-dire la réalité n’est que partiellement déterminée, elle reste partiellement indéterminée – ce qui est à l’origine évidemment de l’aléatoire et à la limite de la liberté, de la nouveauté, de la créativité, bien sûr. Et en même temps, l’autre aspect, c’est : le statut réel de la réalité, est-ce que nous le connaissons ? Eh bien, non, nous ne connaissons pas le statut réel de la réalité. Tout ce que nous connaissons, c’est comment elle réagit quand nous entrons en conversation avec elle.

Les lois de la physique, disait bien Bohr, sont les lois de comment la réalité nous répond quand nous la questionnons.

Et si nous observions le monde actuel avec des yeux quantiques, que resterait-il ? Que resterait-il de nos croyances et de tous nos schèmes éducationnels ? Papa et maman, existeraient-ils encore ? Et si tout ce monde n’était que illusion (Maya) ?

[Jean Mi, 8 janvier 2014]

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