La Saint Chronique

un élu qu’appelle le large

il est un héritage personnel que je chéris plus que tout.

l’édition 1956 chez Bernard Grasset de  »Lettres à un jeune poète » de Rainer Maria Rilke.
c’est l’exemplaire de mon père.
la couverture se détache du corps.
mon frère y a inscrit une petite dédicace quand il a récupéré cette relique dans les affaires de notre père aujourd’hui sur la planète du Petit Prince, en compagnie de Coluche, Léo Ferré, Brassens et Jacques Brel… et tant d’autres

un petit extrait fondamental que je vous invite à méditer
idéalement, à lire et à méditer en écoutant l’ouverture de Tannhaüser de Wagner

Ainsi pour celui qui aime,
l’amour n’est longtemps,
et jusqu’au large de la vie,
que solitude, solitude
toujours plus intense et plus profonde.

L’amour ce n’est pas
dès l’abord se donner,
s’unir à un autre.
(Que serait l’union de deux êtres
encore imprécis, inachevés, dépendants ?)
L’amour, c’est l’occasion unique
de mûrir, de prendre forme,
de devenir soi-même un monde
pour l’amour de l’être aimé.

C’est une haute exigence,
une ambition sans limite,
qui fait de celui qui aime
un élu qu’appelle le large.

[Rainer Maria Rilke, Lettres à un jeune poète, Paris, Bernard Grasset, 1956, p. 74-75]

mai 2011

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1 Comment

  1. Corinne 27 mars 2014

    j’aime beaucoup. Quand j’étais plus jeune, pour moi, l’amour était fusion. Je sais maintenant ce qu’aimer veut dire.

Postez votre réflexion, on échangera !

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