La Saint Chronique

le désert n’est pas vide

 

 

6 avril 2011, deux magnifiques textes reçus tels un cadeau venu de la face cachée de la Lune…

Partir encore, marcher toujours. Détours après impasses, morts après renaissances, avancer. Partir. Oser le désert. Oser tous nos Déserts. Suivre le conseil éclairé du Renard : se préparer, à trois heures moins le quart, au plus hasardeux des rendez-vous.
Y faire la plus inattendue, la plus émouvante et la plus Magique des rencontres. Y faire, même, la rencontre de toutes nos Vies : la rencontre avec nous-même. Avec notre Dieu Intérieur. Repartir alors sans plus jamais avoir Soif, bien plus loin encore. Marcher, sans relâche ni repos. Étoiles après dunes, s’arrêter d’un coup. S’agenouiller, brutalement. Harassé par la fatigue du Chemin, pleurer les yeux ouverts, danser les poings fermés. Petits grains de sable perdus dans l’Infinité de tous nos Sahara à venir. Réconciliés, apprivoiser le pas du chameau, anonymement patiné par des siècles de caravanes patientes. Apprivoiser le Vent, qui ne demande, paraît-il, qu’à danser avec nos cheveux. Apprivoiser le sable, qui s’impatiente lui aussi de nos pieds nus.

Arrêter de lutter. Laisser le Silence Primordial du Désert nous violer, d’abord. Le regarder ensuite fracasser une à une toutes nos peurs, avec une Tendresse Infinie. L’inviter, même, à vaincre en dernier la Première de toutes nos peurs. La plus profonde et la plus déguisée : la peur de notre propre Lumière. Laisser le Silence nous envahir entièrement, enfin. Et passer le reste de sa vie à le chercher et le rechercher encore dans tous les Bruits du Monde. Oui, une fois pour toutes, se taire. Ne plus rien faire que marcher. Faire place au Silence et ne plus rien entendre. Ne plus rien entendre pour pouvoir tout écouter. Ne plus rien dire et retrouver sa Voix. Et trouver son Voyage. Le Premier de tous nos voyages est pourtant celui qu’on repousse sans cesse à plus tard. Je partirai, demain. Le Premier de tous nos voyages est géographiquement le plus court. Et il est aussi le plus long : c’est celui qui mène de notre tête à notre Cœur…

Source : Sahara : ‘je te conduirai au Désert et parlerai à ton Cœur…’, par François-Xavier Prévot, Marcheur-Photographe.

 

la caravane passe

On ne décide pas de traverser le désert. On s’y retrouve un jour, du fait d’un événement brusque, ou à la suite d’une lente dégradation de ce qui faisait le sens de sa vie. Peut-on donner des conseils pour ces périodes indéfinissables ?

Sans doute pas. Dans ce genre de situation, l’humilité s’impose. Mais à défaut de conseils, on peut indiquer quelques pistes, issues de l’expérience de ceux qui sont déjà passés par là.

La première difficulté sera d’admettre qu’on est dans le désert et que la situation précédente n’est plus. Ce n’est pas si simple, car on se retrouve assailli par le passé.

Chaque épisode nous revient en mémoire au ralenti, comme sur un magnétoscope qui repasserait éternellement les mêmes images. On essaie de comprendre ce que l’on a dit qui a produit la perte de son travail, le départ du conjoint, ou encore le conflit ouvert avec un membre de la famille. On imagine phase par phase ce qu’on aurait pu faire d’autre.

On découvre ainsi la première maladie du désert : l’obsession.
La deuxième maladie qui nous guette est le doute : sur soi-même, sur ce qui s’est réellement passé, sur la direction à prendre.

Allons au bout de la métaphore. Un désert, c’est grand, c’est vide, mais ce n’est pas complètement désertique. On y croise des bédouins (d’autres personnes qui marchent dans le désert comme nous), des chameaux (l’aide que l’on peut recevoir d’autrui), et l’on découvre des oasis parfois (les bons moments que l’on vit de temps en temps). Le voyageur perdu aura tout intérêt à apprendre à les identifier.

Car même s’il constitue une épreuve, le désert n’a pas que des côtés négatifs. Dans le désert, pas exemple, on a du temps, on peut prendre du recul, réfléchir, voir ce qu’on ne pourrait pas voir ailleurs. On redécouvre le calme, les gestes quotidiens, ce goût de la nourriture.

Bien sûr, la question fondamentale reste comment en sortir. Curieusement, dans la vie comme dans la métaphore, pour sortir du désert, l’important est de marcher tout droit. Pour éviter de tourner en rond. Dans les traversées du désert, marcher droit signifie avancer la tête haute, dans le respect de sa dignité, en restant fidèle à ses valeurs et en progressant avec persévérance, jusqu’à ce que l’horizon s’éclaire.

Source : inconnue

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